EAR — équivalents activité rétinol — est l’unité utilisée pour tenir compte de cette différence. Elle permet de comparer les différentes formes de vitamine A sur une base comparable. Quand vous voyez 835 mcg EAR pour les carottes, c’est la valeur effective de vitamine A après prise en compte du taux de conversion plus faible du bêta-carotène.
Concrètement, qu’est-ce que la vitamine A apporte ? La vitamine A contribue au maintien d’une vision normale — y compris l’adaptation à la faible lumière, ce qui explique pourquoi la cécité nocturne est souvent l’un des premiers signes de carence. Elle contribue également au fonctionnement normal du système immunitaire — ce qui intéresse tout parent dont l’enfant attrape chaque microbe qui circule à l’école. Moins intuitivement, la vitamine A contribue au maintien d’une peau normale : une peau sèche, squameuse ou constamment rugueuse peut parfois refléter un apport insuffisant, notamment quand d’autres causes ont été écartées. Et la vitamine A contribue au métabolisme normal du fer, ce qui est particulièrement pertinent si votre enfant est également carencé en fer.
Les meilleures sources alimentaires — expliquées pour les parents
Parcourons les principales catégories de façon pratique, parce que savoir qu’un aliment est « riche en vitamine A » n’est utile que si votre enfant accepte de le manger.
Sources animales
Le foie de bœuf est de loin la source la plus concentrée — environ 6 000 mcg EAR pour 100 g, soit plusieurs fois les besoins journaliers d’un enfant. Sauf que la plupart des enfants ont des opinions bien arrêtées sur le foie. Et même s’il l’accepte, une fois par semaine est le maximum recommandé pour les enfants, car la teneur en rétinol est suffisamment élevée pour qu’une consommation quotidienne puisse approcher les limites supérieures de sécurité au fil du temps.
Les œufs sont bien plus faciles à intégrer. Chaque œuf apporte environ 75 mcg EAR, le jaune étant la partie qui contient la vitamine A (les blancs seuls ne comptent pas). Pour un enfant de 3 à 6 ans nécessitant environ 300 à 400 mcg EAR par jour, deux œufs plus un peu de produit laitier et un légume orange permettent de s’en approcher.
Les produits laitiers — lait entier, fromage, beurre, yaourt — contribuent de façon non négligeable, bien que les quantités varient. Les versions entières contiennent plus de vitamine A que les versions écrémées. Pour les jeunes enfants qui consomment encore de bonnes quantités de lait, c’est souvent une base utile.
Les poissons gras comme le saumon et le maquereau apportent directement du rétinol. Ils valent la peine d’être inclus deux fois par semaine pour les enfants plus âgés (7-12 ans). La teneur en oméga-3 est une raison supplémentaire de les privilégier.
Sources végétales
La patate douce se distingue dans cette catégorie : cuite, elle apporte environ 960 mcg EAR pour 100 g, et beaucoup d’enfants qui refusent les légumes l’acceptent en purée ou rôtie. Les carottes sont aussi excellentes à 835 mcg EAR pour 100 g crues, et leur praticité (facilement proposées crues en snack) en fait une option réaliste au quotidien.
Les épinards et autres feuilles vert foncé apportent du bêta-carotène, mais la conversion en vitamine A utilisable est moins efficace qu’il n’y paraît sur les étiquettes. Ils méritent d’être inclus, mais il ne faut pas supposer qu’une portion d’épinards équivaut à une petite quantité de foie. La mangue est une bonne option pour les enfants qui n’aiment pas les légumes ; à 54 mcg EAR pour 100 g, ce n’est pas la source la plus concentrée, mais c’est quelque chose qu’un enfant acceptera volontiers. (Ce n’est pas rien.)
Un point important pour toutes les sources végétales : la vitamine A est liposoluble, ce qui signifie qu’elle nécessite des graisses alimentaires pour être absorbée. Accompagner les carottes d’un peu d’huile d’olive, servir les épinards avec de l’avocat, ou associer la patate douce à un yaourt entier améliore sensiblement la quantité de vitamine A que l’organisme de votre enfant peut réellement utiliser dans ce repas.